Explications

Explications_Allergies_Moutarde_Allergies_Alimentaires_association_1
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Explications sur cette allergie

La moutarde est un allergène souvent méconnu : 

La moutarde appartient à la famille des brassicacées qui comprend entre autres le brocoli, le chou-fleur, le chou, les choux de Bruxelles, le navet et le colza. Puisque ces plantes sont étroitement apparentées à la moutarde, leurs graines contiennent des protéines très semblables à celles de la moutarde. 

Les gens allergiques à la moutarde devraient éviter de consommer les graines et les graines germées des autres plantes de la famille des brassicacées, car elles présentent un risque allergique potentiel pour eux et risquent de déclencher une réaction indésirable. 

Bien que certaines personnes allergiques à la moutarde ont fait état de réactions aux plantes (par opposition aux graines) de la famille des brassicacées, par exemple au chou ou au chou-fleur, la protéine présente dans la moutarde à la source des réactions allergiques est une protéine de réserve de la graine qui est absente dans la plante parvenue à maturité.

Focus sur la graine de moutarde : 

On distingue deux sortes de graines de moutarde : 

une graine blanche : sinapsis alba qui sert à fabriquer la moutarde jaune

une graine brune et chinoise : sinapsis juncea qui donne une moutarde beaucoup plus relevée et sert également dans l’industrie pharmaceutique car riche en isothiocyanates notamment.

Les manifestations cliniques sont nombreuses, les plus fréquentes étant l’eczéma, l’urticaireet l’angio-œdème, le syndrome oral, la rhino conjonctivite. Le choc anaphylactique est rare et il est plus fréquent chez l’adulte.

Allergies croisées: 

Le phénomène des allergies croisées n’épargne pas la moutarde. Certains fruits et légumes sont souvent associés aux allergies causées par le pollen.

Concernant le pollen” aulne noisetier” : les légumes concernés sont ceux de la famille du persil (coriandre, fenouil, anis, cumin, persil, céleri, carotte), la  famille des courges (pastèque, melon), poivre, moutarde, curry, piment.

Autre type de pollen incriminé : l’armoisie. Et les légumes concernés sont céleri, carotte, fenouil, moutarde, poivre, anis, fenouil, piment.

On remarque un parallélisme entre la prévalence augmentée des tests positifs à des nouveaux pollens (mais et colza) et des tests positifs vis à vis de la moutarde : il est envisagé qu’il y ait une réaction croisée sachant que des homologies protéiques ont été mises en évidence entre colza et moutarde.

Précisions sur les allergènes incriminés dans la moutarde : 

Il existe différentes variétés, cultivées de par le monde, mais 4 prédominent : la moutarde des champs (Sinapis  arvensis L.), la moutarde noire (Brassica nigra (L.), la moutarde blanche (ou jaune) (Sinapis alba L.) et la moutarde brune (Brassica juncea (L.)), les deux plus importantes étant la blanche et la noire.

A l’heure actuelle, 4 allergènes ont été découverts dans la moutarde blanche :

Sin a 1, une albumine 2S (protéine de stockage), thermostable, résistant à la digestion par la trypsine et à la dégradation due aux enzymesprotéolytiques. Il s’agit d’un allergène majeur.

Sin a 2, une globuline 11S (protéine de stockage), considérée également comme allergène majeur.

Sin a 3, de la famille des nsLTP (Non-Specific Lipid Transfer Protein, protéines de transfert des lipides non spécifiques), thermostable, résistante aux protéases digestives.

Sin a 4, une profiline sensible à la chaleur.

Dans la moutarde brune, l’allergène majeur est Bra j 1, une albumine 2S.

Symptômes de l’allergie à la moutarde : 

Plus de 50% des patients allergiques à la moutarde sont hypersensibles au pollen d’armoise et à des aliments d’origine végétale, principalement les fruits de la famille des rosacées (pêche,…), mais aussi les fruits à coque (dont la noisette), les légumineuses (dont l’arachide) et le maïs. Les allergènes impliqués sont Sin a 3 et Sin a 4.

L’apparition des symptômes peut se faire suite à un contact avec la moutarde ou son ingestion. On peut observer des symptômes cutanés (eczéma, urticaire, œdèmes,…) et/ou digestifs (diarrhées,…). 

La moutarde peut aussi être un pneumallergène ; en effet, le pollen de moutarde peut provoquer des symptômes respiratoires (rhinite et asthmebronchique). 

Un syndrome oral pourra également apparaître en cas d’allergie croisée. Des cas d’anaphylaxie (dont des chocs anaphylactiques) ont été rapportés.

Concentration seuil : 10mg/kg ou 10mg/ litre (exprimé en SO2)

La moutarde est le 5ème allergène chez les enfants.

Selon l’OMS, 1 français sur 2 sera allergique (alimentaire ou non) d’ici 2015 une évolution se dessine vers une augmentation relative de l’anaphylaxie alimentaire sévère dans la population pédiatrique qui a atteint en 2007 48 % de l’ensemble des cas en France.